Au printemps, la lutte contre le frelon asiatique redevient un sujet très concret autour du Lac du Bourget. À Aix-les-Bains, dans les communes de Grand Lac et plus largement en Savoie, cette espèce invasive menace à la fois les pollinisateurs, les ruchers et certaines activités de plein air. C’est justement entre avril et le début de l’été que la vigilance est la plus utile : les reines fondatrices démarrent leurs premiers nids, encore petits et plus faciles à repérer. Pour les habitants comme pour les jardiniers, apiculteurs ou promeneurs, savoir identifier un nid primaire et connaître les bons gestes peut éviter la formation de colonies beaucoup plus importantes quelques mois plus tard.
Pourquoi le frelon asiatique inquiète autour du Lac du Bourget
Le frelon asiatique gagne du terrain en Auvergne-Rhône-Alpes, et le territoire de Grand Lac n’échappe pas à cette progression. À Aix-les-Bains, sur les rives du Lac du Bourget comme dans les villages de l’agglomération, sa présence représente un vrai risque pour la biodiversité locale.
L’enjeu concerne d’abord les abeilles et les autres insectes pollinisateurs, déjà fragilisés. Les ruchers de Savoie sont particulièrement exposés. Mais ce nuisible peut aussi poser problème à proximité des habitations, des jardins, des terrasses ou des chemins fréquentés.
La période la plus stratégique reste le printemps. C’est à ce moment que les fondatrices, sorties de l’hiver, construisent un premier nid. Agir tôt permet d’éviter le développement de nids secondaires, bien plus gros et souvent installés plus haut, donc plus difficiles à repérer et à traiter.
Comment reconnaître un nid primaire de frelon asiatique ?
Entre avril et juillet, le frelon asiatique construit un nid primaire, parfois appelé nid de fondation. Ce petit nid est souvent visible si l’on prend le temps d’observer les abords de la maison ou du jardin.
Les signes à repérer
- une forme arrondie ou presque sphérique ;
- une matière qui ressemble à du papier mâché, dans des tons beige à brun ;
- une ouverture située vers le bas ;
- un format réduit au départ, souvent entre 5 et 10 cm, puis jusqu’à 20 cm.
Ce type de nid est généralement installé dans un endroit protégé de la pluie et du vent.
Où chercher près d’Aix-les-Bains et de Grand Lac ?
Les nids primaires sont fréquemment proches des habitations. Il faut donc regarder en priorité :
- sous les avant-toits ;
- dans un abri de jardin ou un appentis ;
- sous un balcon ;
- dans une haie dense ou un buisson ;
- dans un local ouvert, un cabanon ou un recoin abrité.
Autour du Lac du Bourget, les zones pavillonnaires, les jardins fleuris et les secteurs mêlant végétation et bâti sont à surveiller avec attention au retour des beaux jours.
Que faire si vous découvrez un nid ?
Le premier réflexe est simple : ne tentez pas de détruire le nid vous-même. Même s’il paraît petit, une intervention improvisée peut être dangereuse.
En cas de doute ou de découverte avérée, il faut effectuer un signalement sur la plateforme dédiée : www.frelonsasiatiques.fr.
Ce signalement permet d’orienter l’intervention vers un professionnel habilité. C’est aussi un outil utile pour suivre la progression du frelon asiatique sur le territoire de Grand Lac et en Savoie.
Plus un nid est déclaré tôt, plus il est facile de limiter la naissance d’une future colonie. C’est un geste concret pour protéger les jardins, les vergers, les ruches et les espaces naturels autour d’Aix-les-Bains.
Piégeage de printemps 2026 : dans quels cas est-il recommandé ?
Le piégeage de printemps vise à capturer les fondatrices avant qu’elles ne créent leur colonie. Cette action s’inscrit dans le cadre du plan de lutte porté à l’échelle nationale et régionale.
Quand démarrer ?
Le protocole 2026 prévoit un démarrage après cinq jours consécutifs au-dessus de 15°C. Le piégeage peut ensuite être maintenu pendant huit semaines.
Il doit toutefois être interrompu dès l’émergence des fondatrices de frelon européen, afin d’éviter des impacts sur les espèces locales.
Où placer les pièges ?
- dans les secteurs déjà touchés les années précédentes ;
- près d’anciens nids repérés à l’automne ;
- à proximité des ruchers ;
- dans un endroit ombragé, proche d’une ressource mellifère ;
- à environ 1,20 mètre du sol.
Quels pièges et quels appâts utiliser sans nuire aux autres insectes ?
Le piégeage doit rester sélectif. Les modèles de type nasse, qui séparent l’appât de la zone de capture, sont les plus adaptés. Parmi les références citées dans les recommandations 2026 figurent Bee-vital, Jabeprod, Ornetin et RedTrap.
L’appât conseillé repose sur un mélange simple :
- 1/3 de bière (buvez les 2 autres tiers pour la peine) ;
- 1/3 de sirop de fruits rouges ;
- 1/3 de vin blanc ou rouge.
Une grille fine est recommandée pour limiter la capture et la noyade d’insectes non ciblés.
À l’inverse, les pièges bricolés à base de bouteilles ou les modèles peu sélectifs sont à éviter, car ils détruisent aussi une grande partie de l’entomofaune utile.
Pourquoi le suivi des captures compte aussi pour le territoire
La lutte contre le frelon asiatique ne repose pas seulement sur la pose de pièges ou le repérage visuel. Le suivi des captures est tout aussi important pour ajuster les actions sur le terrain.
Il est conseillé de relever les pièges chaque semaine, de déplacer ceux qui restent vides, puis d’enregistrer les résultats sur www.frelonsasiatiques.fr.
Pour le territoire du Lac du Bourget, ces données permettent d’affiner la surveillance, d’identifier les zones les plus exposées et de mieux coordonner la réponse entre habitants, apiculteurs et acteurs publics de Grand Lac.

