La sécurisation de l’eau potable devient un sujet central autour du lac du Bourget, alors que les sécheresses, la pression démographique et la fragilité de certaines sources obligent les territoires à revoir leur organisation. Grand Lac, Grand Chambéry, Grand Annecy et Rumilly Terre de Savoie lancent une coopération d’ampleur pour mieux protéger l’alimentation en eau des habitants, des entreprises et des visiteurs, y compris lors des périodes de forte tension estivale.
Cette démarche concerne directement le quotidien : robinets, baignade, tourisme, agriculture, activités nautiques et capacité des communes à faire face aux crises. Le lancement officiel s’est tenu le 3 juillet sur le site du réservoir de Corsuet, un équipement stratégique.
Pourquoi l’eau potable devient un enjeu prioritaire autour du lac du Bourget ?
Le lac du Bourget donne une impression d’abondance. Pourtant, l’accès à l’eau potable ne se résume pas à la présence d’un grand lac au pied des montagnes. Les réseaux doivent capter, traiter, stocker et acheminer l’eau jusqu’aux foyers d’Aix-les-Bains, de Chambéry, d’Annecy, de Rumilly et des communes voisines, y compris lors des pics de consommation.
Les quatre intercommunalités engagées dans cette démarche représentent plus de 450 000 habitants. En période de pointe, les besoins peuvent atteindre environ 130 000 m³ par jour. Les épisodes de sécheresse se répètent, les ressources de montagne deviennent plus irrégulières et certaines zones connaissent déjà des tensions sur les volumes disponibles.
Les bassins du lac du Bourget et du Chéran font partie des secteurs surveillés de près. Des plans territoriaux de gestion de l’eau y sont déjà mobilisés pour limiter les prélèvements et mieux répartir les usages.
Quelles collectivités s’associent pour sécuriser l’alimentation en eau ?
Grand Lac ne travaille pas seul. L’agglomération s’associe à Grand Chambéry, Grand Annecy et Rumilly Terre de Savoie. L’objectif est de dépasser les limites administratives habituelles pour raisonner à l’échelle réelle des ressources, des réseaux et des besoins.
Cette coopération doit permettre d’imaginer un système plus solidaire entre territoires. En cas de difficulté locale (sécheresse, pollution accidentelle, panne sur une installation, baisse d’une source) une autre ressource pourrait prendre temporairement le relais. L’idée est de ne plus dépendre d’un seul point d’approvisionnement, mais de construire des solutions croisées entre lacs, nappes, sources et équipements existants.
Que va changer ce projet ?
Pour les habitants du bassin aixois, l’enjeu est simple : maintenir un service d’eau potable fiable toute l’année. Cela concerne les usages domestiques, mais aussi les établissements de santé, les restaurants, les hébergements touristiques, les campings, les plages, les ports et l’ensemble de l’économie locale.
Le site du réservoir de Corsuet, à Aix-les-Bains, a été choisi pour le lancement officiel de la démarche le 3 juillet. Ce lieu n’est pas anodin : il fait partie des infrastructures importantes du système d’alimentation de notre communauté d’agglomération. Il illustre aussi la nécessité de moderniser la vision de l’eau potable, dans un territoire où la population augmente et où la fréquentation touristique pèse fortement en été.
À terme, l’étude doit déboucher sur un schéma commun entre les quatre collectivités. Ce document servira de feuille de route pour définir les interconnexions possibles, les équipements à renforcer et les solutions de secours à prévoir.
Une étude technique prévue sur deux ans
La démarche s’inscrit dans un calendrier de deux ans. Une procédure commune a été validée en février 2025 afin de lancer l’étude dans un cadre partagé. Plusieurs bureaux spécialisés accompagnent les collectivités : Cabinet Merlin, Parimage, CMV Consulting et Ginger Burgeap.
Le travail engagé doit avancer par étapes :
- rassembler et fiabiliser les données sur les réseaux, les captages et les besoins ;
- identifier les points faibles de chaque territoire ;
- étudier les scénarios de secours en cas de crise ;
- chiffrer les aménagements nécessaires et proposer un calendrier de réalisation.
Cette approche doit aider les élus et les services de l’eau à comparer les options possibles : nouvelles interconnexions, renforcement de réservoirs, sécurisation de captages, mobilisation de ressources plus stables ou amélioration des capacités de traitement.
Qui finance cette coopération autour de l’eau potable ?
Le coût de l’étude est estimé à 400 000 euros. Les quatre collectivités se répartissent la dépense à parts égales. Le projet bénéficie également d’un soutien public important : les Départements de la Savoie et de la Haute-Savoie, ainsi que l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, participent au financement à hauteur de 80 %.
Grand Lac assure la coordination générale de cette démarche interterritoriale. Pour le territoire du lac du Bourget, cette responsabilité est stratégique : elle place Aix-les-Bains et son agglomération au cœur d’un chantier essentiel pour l’adaptation climatique des Alpes du Nord.


